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Littérature anglaise - Page 2

  • Baisers du Singe / 2

    Continuons Baisers du singe, la correspondance entre deux sœurs, l’une qui écrit, l’autre qui peint : Virginia Woolf et Vanessa Bell. Après la première guerre mondiale, quand elle n’est pas accablée par les maux de tête, Virginia, inséparable de sa machine à écrire, rédige des articles, aide à la Hogarth Press, retape des pages peu lisibles en vue de la publication de Nuit et jour, tandis que les ateliers Omega où exposait sa sœur ferment pour raisons financières. En 1919, Vanessa rejoint le London Group, des artistes influencés par les postimpressionnistes, les cubistes et les futuristes.

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    Une des 50 assiettes décorées à la main par Vanessa Bell et Duncan Grant,
    célébrant des femmes remarquables à travers l’histoire.
    Commandées par l’historien de l’art Kenneth Clark en 1932.

    Virginia et Leonard Woolf achètent Monk’s House, à Rodmell, à moins d’une heure à vélo de Charleston où se sont installés Vanessa avec son ami et amant Duncan Grant – bien qu’encore mariés, Clive et elle se sont séparés juste avant la grande guerre – ainsi que David Garnett, ami de Duncan et comme lui objecteur de conscience. Les relations amoureuses en tous genres sont un des motifs qui reviennent dans leurs lettres, les leurs et celles des autres – les fameux potins dont les deux sœurs sont friandes.

    Un exemple : le trio formé par Ralph Partridge, l’étudiant qui travaille à la Hogarth Press, amoureux de la peintre Dora Carrington, elle-même amoureuse de leur ami Lytton Strachey, homosexuel. Carrington épouse Ralph sans renoncer à Lytton – ils achètent Ham Spray et y vivent tous les trois. C’est le sujet du beau film de Christopher Hampton, Carrington (1995).

    Les Woolf restent davantage à la campagne quand Virginia est souffrante. Vanessa lui écrit, à la demande de Leonard : « C’est malheureux que tu n’aies pas une sœur littéraire. J’ai le plus grand mal tu le sais à prendre la plume. » Vanessa est très attirée par la France, Paris et surtout le Midi où elle prie souvent sa sœur de les rejoindre. Virginia estime qu’elle ne lui écrit pas assez de là-bas : « souviens-toi, les lettres ont peu d’intérêt si on ne les poste pas. » Vanessa lui réclame des échos de Bloomsbury et du grand monde.

    A quarante ans, Virginia Woolf n’est pas en grande forme (grippe, migraines, souffle au cœur), ce qui l’oblige régulièrement à garder le lit. Mais elle travaille à La chambre de Jacob, lit Proust avec enthousiasme. La Hogarth Press imprime une nouvelle de Vita Sackville-West, autre amour de Virginia (et autre belle correspondance). Vanessa est la première à lire et féliciter sa sœur quand ses nouveaux livres paraissent, et Virginia ne manque pas de lui dire ses impressions et son admiration lorsqu’elle visite ses expositions de peinture. Vanessa et Duncan travaillent aussi comme décorateurs d’intérieurs.

    Virginia : « Au fait, il y a un sujet que je comptais aborder avec toi ; trouves-tu vraiment que j’ai mauvais caractère ? Quelques corbeaux de Bloomsbury, coqs des ténèbres, l’affirment ; ce à quoi je réponds : vaniteuse, égocentrique, égoïste, peut-être – mais mon tempérament (comme pourra en attester mon mari) est angélique. » (2/6/1926)

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    The Famous Women Dinner Service, Charleston

    Au sud de la France, c’est à Cassis, où la lumière l’enchante, que Vanessa reste de plus en plus longtemps avec Duncan (Villa Corsica), tout en s’inquiétant pour Clive Bell qui va d’aventure en aventure et se dit « désespéré ». « Mon Dieu, mon Dieu, comme tu me manques ! » lui écrit Virginia, « Il n’y a plus personne avec qui bavarder. » Dans son Journal : « Nessa m’est nécessaire – comme je ne lui suis pas ? Je cours vers elle comme le petit kangourou vers sa mère. » Vanessa : « Tu le sais mieux que personne, les lettres ne sont intéressantes que quand elles parlent d’êtres humains, alors n’en attends pas trop de moi. »

    Ravie de découvrir leurs échanges, demandes, remarques, projets, déclarations, notamment à propos des enfants de sa sœur que Virginia aime tant, Angelica Bell en particulier, je lis leurs lettres des années trente avec le cœur qui se serre déjà un peu. Les Woolf se préoccupent des Juifs en Allemagne, de la montée du nazisme. La guerre d’Espagne leur enlève Julian Bell (29 ans), le fils de Vanessa, qui y a rejoint les Brigades internationales, est revenu puis reparti comme ambulancier. Vanessa en est brisée : « Je retrouverai ma gaieté, mais je ne serai plus jamais heureuse. » Après un long passage à vide, elle arrive à reprendre le cours de sa vie, repart à Cassis où « on devient purement animal ». Elle écrit à sa sœur : « Sans toi, je ne pourrais tout simplement pas survivre. »

    Les préparatifs de guerre les inquiètent : elles décrivent la situation de panique à Londres (sacs de sable, tranchées, distribution de masques à gaz), l’afflux des Anglais dans le Midi. En 1940, leurs appartements londoniens sont bombardés, les ateliers et tableaux réduits en cendres. Après avoir terminé Entre les actes, Virginia tombe très malade : maux de tête, insomnies, elle entend des voix et se sent au bord de la folie. Le 28 mars 1941, elle se noie.

    La « correspondance drôle et insolemment moderne » entre Virginia et Vanessa (Télérama, 23/4/2026), le Dauphin et le Singe adoré, est non seulement l’expression de leur amour indéfectible, la chronique de leur vie sociale, mais aussi le dialogue intéressant entre deux artistes vouées à la littérature et la peinture. Sister Arts : le titre est bien choisi par Marc Porée pour sa recension de Baisers du Singe (En attendant Nadeau, 13/6/2026). A offrir et à s’offrir.

  • Virginia à Vanessa

    Vendredi [21 juillet 1911]
    29, Fitzroy Square, W.

    Ma chérie,

    Virginia W par Vanessa B, 1912.jpgIl faut vraiment que je t’aime pour t’écrire par cette chaleur torride.
    Nous avons fait notre grande expédition hier. C’était très étrange. La situation était assez tendue, pour commencer ; nous nous sommes allongés sous les arbres et avons parlé du projet de Bedford Sq. Puis nous nous sommes mis à marcher et il
    [Walter Lamb] a commencé à se plaindre du manque d’âmes nobles. Nous avons parlé d’amour et des femmes en général. Et puis il s’est assis et il a dit : « Je peux te demander si tu es déjà tombée amoureuse ? » Je lui ai demandé s’il était au courant pour l’affaire Lytton. Il a dit : « Clive m’en a parlé », ce qui m’a contrariée, mais était à prévoir. Alors je lui ai répondu que j’en parlerais s’il avait vraiment envie de savoir, si ce n’était pas par simple curiosité. Il m’a dit qu’il serait heureux de connaître mes sentiments et se contenterait de ce dont je voudrais lui faire part. Je lui ai fait un résumé. Après quoi il m’a dit « Aspires-tu à avoir des enfants et une relation amoureuse comme on l’entend ? » J’ai dit « Oui ». Il m’a dit « Je t’aime beaucoup ». Je lui ai dit « Mais tu es rassuré ? » Il a dit « Tout est tellement compliqué. » J’ai dit « Quoi ». Il a dit « Tu vis dans un nid de frelons. Sans compter que le mariage est si difficile. Tu permets que j’attende ? Ne me presse pas. »
    Je lui ai dit :
    « Il n’y a aucune raison de cesser d’être amis -, ni de changer les choses ou de nous précipiter. » Il a dit « Bien sûr, c’est déjà merveilleux comme ça. »
    Après quoi, nous avons parlé de tout et de rien ; et j’ai compris qu’il ne s’autoriserait pas à tomber amoureux sans connaître mes sentiments ; et aussi qu’il était déconcerté par certains aspects de ma personnalité. Il m’a dit que j’avais l’art de compliquer les choses et risquais de ne pas supporter ses défauts. J’ai reconnu mon grand égoïsme, mes obsessions, ma vanité et tous mes vices. […] »

    Virginia Woolf & Vanessa Bell, Baisers du singe. Correspondance 1904-1941

    Virginia Woolf by Vanessa Bell c.1912 © Estate of Vanessa Bell, courtesy Henrietta Garnett.
    Photo credit: © National Trust / Charles Thomas

  • Baisers du Singe / 1

    Un bonheur du jour de mai dernier m’a appris la parution de Baisers du Singe, une sélection de deux cent quinze lettres que se sont écrites Virginia Woolf et Vanessa Bell, sa sœur. Quel bonheur ! Cette Correspondance 1904-1941 (traduite de l’anglais par Carine Bratzlavsky et Anne-Marie Smith-Di Biasio) est publiée à La Table Ronde, avec le soutien de la Fondation La Poste.

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    Ce beau livre souple qu’on a plaisir à tenir en main s’ouvre sur des portraits pleine page peints par Vanessa Bell, en commençant par celui de Virginia : on découvre avec plaisir une quinzaine de personnes de leur entourage aux noms familiers pour ses admirateurs. Dans sa préface, Cécile Wajsbrot commence par situer les deux sœurs Stephen en 1904 (en ligne). Baisers du Singe comporte aussi un arbre généalogique, une présentation des principaux lieux cités, un petit plan de Bloomsbury et des photographies noir et blanc au début de chaque année, dont les événements marquants sont résumés.

    Les lettres lues jusqu’à présent vont de 1904 à 1918. La première, écrite par Vanessa (25 ans) à Virginia (22 ans), éclaire le choix du titre : « Mon Singe adoré, Me voilà enfin sous notre propre toit ! J’ai reçu ta charmante lettre ce matin et j’en ai été enchantée. Depuis que je t’ai vue, j’ai été très occupée. […] » Après la mort de leur père, les deux sœurs et leurs frères Thoby et Adrian s’étaient installés au 46, Gordon Square (Bloomsbury) 

    Ils avaient fait deux voyages ensemble après les funérailles, au pays de Galles, puis en Italie, avec une escale à Paris. Dès leur retour en Angleterre, Virginia a souffert d’une grave dépression (première tentative de suicide). Elle séjourne alors chez une tante. Vanessa lui recommande d’en profiter pour bien se nourrir – un conseil qui sera maintes fois répété dans cette correspondance.

    « N’en fais pas trop [souligné]. Comme j’aimerais que tu ailles mieux. Tout ennui et fatigue vaut la peine d’être supporté si cela peut t’éviter une nouvelle crise – et je pense vraiment que tu étais sur le point d’en avoir une ici. » Vanessa signe « Ta Maria », prénom de sa grand-mère. Les petits noms d’animaux et autres surnoms familiaux (« mon Billy ») révèlent leur profonde complicité. La sœur aînée donne toutes sortes de nouvelles (personnes vues, aménagements, conseils du docteur, etc.) à son « singe bien-aimé ». 

    Comme dans le Journal de V. W. (disponible à présent en un seul volume, au lieu des huit publiés dans les années 1980) et plus encore, c’est la vie quotidienne, concrète, qui circule dans leurs lettres. Le premier texte signé Virginia est son « Discours de félicitations pour notre maîtresse à l’occasion de son mariage » : Vanessa épouse Clive Bell (critique d’art) en février 1907, aussitôt surnommé « Singe Rouge d’une espèce inconnue jusqu’ici ».

    Bien sûr, leurs projets créatifs ont leur place dans cette correspondance : premières peintures et expositions de Vanessa, premiers écrits littéraires et romans de Virginia. Décoration d’intérieur, questions domestiques, vêtements, nourriture, nouvelles familiales, séjours à la campagne et voyages, réunions, lettres reçues ou à écrire… Elles ont tant à se dire et à commenter. On ne résume pas une telle correspondance. On s’y plonge par curiosité, on découvre une complicité rare, des confidences, des attentions, des potins… Les filles de Leslie Stephen, homme de lettres éminent, ont la fibre de l’écriture. Elles ont de l’esprit, de l’humour parfois mordant, et tant de charme, chacune dans leur genre.

    Août 1908, de Virginia à Vanessa : « Je me demande si vous avez parlé de moi, sur le chemin du retour, ou pensé à moi lorsque la lune s’est levée, et que les lapins qui grignotent les œillets sont sortis jouer. Comment serais-je au courant pour les lapins et les œillets si je n’avais reçu les lettres de Clive ? J’aime avoir une petite scène dans laquelle je joue le rôle principal ; on ne m’accordera plus autant d’importance lorsque je serai mariée. Non qu’on m’en accorde beaucoup, à part quand vous êtes là Clive et toi pour faire allusion à des catastrophes ou des moments fatidiques. »

    Vanessa se soucie bien sûr des prétendants successifs de Virginia. En août 1912, celle-ci épouse Leonard Woolf qui avait démissionné de son poste de fonctionnaire à Ceylan et s’était installé à Bloomsbury. Pendant leur voyage de noces (France, Espagne, Italie), ils terminent chacun leur roman : La traversée des apparences pour Virginia et Le village dans la jungle pour Leonard. Survient alors une nouvelle dépression de Virginia, soignée en maison de repos, tandis que Vanessa vit une période créative très intense avec les Ateliers Omega. 1913 est une année sombre pour Virginia Woolf, qui fait une deuxième tentative de suicide (Véronal) et refuse de manger.

    Et puis ce sera la guerre. (A suivre)

  • Atelier

    Chevalier La fileuse Folio.jpg« Aujourd’hui, les perles d’Orsola achetaient des chaussures aux enfants et un meilleur vin aux adultes. […] Orsola était aux anges d’avoir un semblant de studio, un endroit à elle, où elle ne serait plus obligée de débarrasser ses outils chaque fois qu’elle avait terminé. Cependant, être au cœur de la maison lui manquait parfois. Dans la cuisine, elle avait su qui était malade, qui était fatigué, qui était fâché, où se rendaient les uns et les autres et à quel moment. Elle avait vu Isabella rouler des yeux derrière le dos de Giacomo bien avant de déguerpir. Elle avait vu Laura Rosso donner à Raffaele des biscotti supplémentaires. Elle avait vu Monica regarder son fils Andréa avec pitié quand il courait après les autres en boitillant.
    En plus des perles, Orsola faisait maintenant d’autres objets qu’elle vendait dans la petite échoppe rattachée à l’atelier. »

    Tracy Chevalier, La fileuse de verre

  • La fileuse de perles

    Après Les jardins de Torcello de Claudie Gallay, retour à Venise avec La fileuse de verre (2024, traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff), le premier roman de Tracy Chevalier que je lis depuis sa fameuse Jeune fille à la perle (2000). Cette fois, il s’agit de perles de verre, celles que fabrique Orsola Rosso, la fille d’un maître verrier de Murano.

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    En ouverture, « Une brève explication du temps alla Veneziana » rappelle que  « Les gens qui créent des choses ont un rapport ambigu au temps ». Cet avertissement prépare les nombreux ricochets de l’histoire qui se déroule de 1486, quand Venise « règne en maître sur le commerce » et qu’Orsola a neuf ans, à 2019, quand Venise accueille près de cinq millions de visiteurs et qu’Orsola a… soixante-cinq ans. La fiction s’arroge tous les droits, la romancière a voulu préserver ainsi l’intérêt pour son héroïne tout en racontant l’évolution de la ville et du travail du verre sur plus de cinq cents ans.

    Après la chute d’Orsola dans un canal peu profond, poussée par son frère Marco, sortie de l’eau par son frère Giacomo, Laura Rosso dit à sa fille d’entrer chez les Barovier pour se réchauffer à leur four, et de bien ouvrir les yeux. Dans cet atelier plus grand que le leur, Orsola aperçoit Maria Barovier, la sœur du « maestro » : elle réprimande un « garzoni » qui lui tend une baguette de verre, la remarque et la chasse : « Dehors, Rosso. Spia. » La petite espionne s’enfuit.

    A la maison, sa mère lui fait décrire la baguette. Cela confirme ce que Laura avait entendu dire : Marietta fabrique des perles. Peut-être les Rosso devraient-ils en faire aussi ? Son mari Lorenzo préfère continuer à faire des verres, des pichets, des jattes. Un mois plus tard, les Barovier présentent leur nouveauté, la « rosetta », une perle ovoïde que Laura trouve laide mais qu’Orsola adore.

    A dix-sept ans, Orsola, des cheveux et des yeux noirs comme sa mère, assiste à un drame dans l’atelier : un apprenti laisse tomber une anse de verre. Un éclat se plante dans la gorge de son père, le sang jaillit, et il meurt peu après. Tous les verriers de Murano se rendront à son enterrement et aussi le marchand Klingenberg, qui a toujours apprécié son travail.

    Quelque temps après, Maria Barovier leur livre du tissu : Orsola a besoin d’une nouvelle robe. Sa mère s’empresse de la confectionner, l’envoie se montrer à Maria et lui demander conseil. En effet, Marco Rosso a du talent mais boit trop, le marchand ne lui a rien commandé. Et Laura est enceinte. Selon Maria, l’atelier doit se diversifier et Paolo, l’excellent assistant de son père, guider le travail de ses frères. Quant à Orsola, elle pourrait faire des perles « à la lampe », différentes des siennes, de plus en plus demandées ; une cousine lui montrera comment faire, chez elle, puisque les femmes ne peuvent travailler à l’atelier.

    Orsola apprend à filer le verre, elle fait des rencontres : un jeune Vénitien séduisant, Antonio Scaramal, aux cheveux blond foncé, rêve de travailler à Murano – mais les verriers n’engagent que des Muranais, pour protéger leurs secrets de fabrication. Domenego, le gondolier africain de Klingenberg, va devenir un ami.

    1574, la peste revient à Venise, puis à Murano. Les ateliers ferment, une servante puis la femme de Marco tombent malades, les Rosso sont confinés chez eux. Grâce à Antonio qui passe sous leurs fenêtres et aux perles d’Orsola qui servent de monnaie d’échange, ils arrivent à survivre. 1631, la Cité des Eaux ne règne plus sur le commerce comme avant. Orsola, amoureuse d’Antonio qu’elle fréquente en secret, voit son rêve de le voir nommé assistant à l’atelier et de l’épouser ruiné par le choix de Marco. Son frère préfère Stefano qui a de l’expérience, acquise chez les Barovier. Antonio décide de partir travailler sur la terre ferme.

    Le temps alla Veneziana passant, Orsola devient une excellente fileuse dont les perles de verre sont très appréciées. Klingenberg lui en passe commande régulièrement, et aussi de colliers pour de riches clientes. Elle devient amie avec Klara, la fille du marchand, à qui elle peut se confier. La famille Rosso ne cessant de s’agrandir et l’atelier de connaître des difficultés, l’argent gagné par Orsola est le bienvenu.

    Tracy Chevalier s’est documentée sur l’histoire du verre à Venise et sur ces perles de troc que fabriquaient des femmes. Elle a visité des ateliers à Murano et même appris à faire des perles. Dans La fileuse de verre, elle décrit précisément ce métier, montre ses difficultés, l’équilibre à trouver entre désir de créer et rentabilité. Grâce aux nombreux rebondissements dans la vie d’Orsola et de sa famille, que je vous laisse découvrir, la romancière réussit à plonger ses lecteurs dans de milieu et à leur faire traverser en même temps Venise au fil des siècles.